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Marcel Proust, à la recherche de sa montre.

Marcel Proust - la biographie star

Marcel ProustValentin Louis Georges Eugène Marcel Proust (Auteuil 1871 – Paris 1922) connut pas mal de problèmes à l’école à cause de ses prénoms, mais s’en est bien sorti au final en devenant un des plus grands écrivains français, ainsi que l’arrière-grand-oncle d’un grand champion de Formule 1 (qui aurait perdu son U dans le virage en S de Monza).  Dans son œuvre, Proust rompt avec la notion d’intrigue et préfère se concentrer sur la nature et l’existence du temps, sur les individus et les mobiles sociaux (genre Facebook) qui les animent.  On considère ainsi souvent que le roman moderne démarre avec Proust.

D’une famille fortunée, Marcel Proust aura hérité également d’une santé très fragile marquée par l’asthme.  Cette maladie lui confèrera un fort sentiment d’urgence de la vie, et il se sentira constamment obligé de faire des phrases qui tiennent en une page maximum.  Il publie en 1894 son premier roman, démoli par la critique.  Proust a alors l’image d’un dilettante mondain, d’un raté. Effondré, il passe le plus clair de ses journées à pleurer comme une madeleine.  Le reste du temps, il fréquente les salons de l’aristocratie et de la bourgeoisie et y emmagasine le matériau de la Recherche.  En 1895, il démarre Jean Santeuil, histoire d’un jeune homme dans le Paris de la fin du XIXe, qui restera un roman inachevé.  Mais il se met surtout à l’ouvrage de sa vie, A La Recherche du Temps Perdu, publiée entre 1913 et 1927, pour partie donc par contumace.

Un petit bouquin bien écrit

Le premier volume, Du côté de chez Swann, est initialement refusé par Gallimard en 1913 (sur le conseil avisé d’André Gide), et Proust le publiera à compte d’auteur chez Grasset.  Proust, très énervé, déclarera d’ailleurs à Internetalis à propos de Gide avec une violence invraisemblable :

« Je m’étais bien douté avant d’aller ce jour-là (c’était le lendemain de la journée que j’avais passée entièrement chez moi à penser avec émotion à ma chère tante qui me manque tant) présenter afin de le faire éditer mon premier volume chez Gallimard, cet éditeur qui finalement n’aura pas eu plus de goût que tous ses confrères du boulevard Saint-Germain pour une prose qui m’a-t-il semblé reflète son époque avec un à-propos assez rare pour que le lecteur y trouve autant d’intérêt que j’ai pu moi-même avoir de plaisir à la coucher sur le papier, que la découverte que j’avais faite concernant M. Gide, révélé à cette occasion assez proche du personnage aux mœurs peu recommandables en lequel les thuriféraires de la bonne société parisienne affectionnent de le représenter, allait me porter un fâcheux préjudice, mais je ne pouvais guère imaginer que la calomnie pût prendre les proportions dont j’avais initialement craint qu’elle ne pussent me replonger dans cette rêverie dont je suis il est vrai assez coutumier (j’aime me remémorer ces splendides journées de mai passées à Guermantes à contempler les aubépines, n’hésitant pas à rester dehors plus tard qu’il n’est raisonnable pour ma fragile santé, et qui faisaient que le docteur toujours me répétait que je n’étais pas raisonnable) et pourtant, à l’issue de ce jour qui finalement avait fait de moi ce que j’avais il faut bien l’avouer toujours espéré ne pas devenir, ce n’était pas le ressentiment qui m’animait mais bien une certaine forme de mélancolie que je n’avais jusqu’ici uniquement approchée que de loin, et dans des ouvrages obscurs dont la plupart des gens que nous connaissions alors à Guermantes n’avaient jamais entendu parler, même lors de ces soirées que je m’étais plu à dépeindre à Albertine quand celle-ci, elle était alors à l’aube de sa vie de femme, me demandait si gentiment pourquoi je préférais ne pas me mêler de la vie de ces gens dont je savais si bien décrire les tourments. »

Gide préféra ne pas répondre.  Déçu et un peu fatigué, Proust le traitera de « couille molle ».

Marcel Proust et ses petites phrases choc

Le second volume, A L’Ombre des Jeunes Filles en Fleur, est lui édité par Gallimard, et se verra décerner le prix Goncourt en 1919.  Il faut dire qu’à la sortie de la grande guerre, on avait surtout envie de se détendre en lisant vite fait bien fait un petit bouquin bien écrit.  Fort de ce succès, Proust n’aura de cesse d’écrire jusqu’à sa mort en 1922.  Pour ces services rendus, il est enterré au Père Lachaise, mais c’est quand même Jim Morrison le mort le plus célèbre du cimetière.  Sur la tombe de Marcel Proust est écrit « Mort au milieu d’une phrase. »

MARCEL PROUST : 4 points ‘star’

•    Mourir de maladie : 1 point
•    Etre enterré au Père-Lachaise : 1 point
•    Obtenir le Prix Goncourt : 1 point
•    Avoir écrit le livre le plus long de l’histoire de la littérature : 1 point

Commentaires
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stiviee  - très enervé |2010-01-16

j'avais jamais vu proust aussi énervé avant...

 

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