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L'Entre-Deux Guerres 10 - Le Pacte Germano-Soviétique, 1939 Envoyer

Le Pacte Germano-Soviétique, 1939

Previously on L'Entre-Deux-Guerres : le 30 septembre 1938, les Accords de Munich ont non seulement scellé la fin de la Tchécoslovaquie, ce qui finalement ne traumatise pas grand-monde, mais ont surtout permis de confirmer qu'Hitler pouvait globalement faire ce qu'il voulait en Europe. Cependant, avec la France et l'Angleterre d'un côté et l'Union Soviétique de l'autre, il restait tout de même aux allemands deux adversaires potentiels et cela en fait au moins un de trop. 

En octobre, les autres pays alliés de la France commencent déjà à se demander s'ils ont vraiment choisi le bon bourrin. En effet, comme Paris n'a pas daigné, malgré le pacte liant les deux nations, bouger le moindre orteil pour aider Prague, tout le monde commence à faire dans ses petits souliers. D'autant que côté bottes en caoutchouc, Hitler a déjà exposé depuis longtemps (Mein Kampf, 1925) son concept d'espace vital et quand un char allemand est lancé, faut avoir une sacrée dose d'optimisme pour s'imaginer que les chenilles vont se transformer en papillon.

"Mieux vaut prévenir que guérir"

Le pays suivant sur la liste était la Pologne, nation dont ses voisins ont toujours eu beaucoup tendance à s'occuper, puisque la période 1920-1939 fut la seule depuis 1798 où elle connut l'indépendance. On ne voudrait pas non plus leur jeter la pierre, mais quand on choisit à l'école de s'asseoir à côté de voisins turbulents comme l'Allemagne ou la Russie, il ne faut non plus s'étonner si les résultats, dès le deuxième trimestre, ont tendance à chuter. Prévoyants, nos amis polonais ont cependant signé un pacte de non-agression en 1934 avec l'Allemagne, ce qui peut certes avec le recul un peu prêter à sourire, mais comme disaient certains médecins allemands de l'époque bien mal intentionnés, mieux vaut prévenir que guérir.

Ceci étant, quand on se retrouve dans son groupe de Coupe du Monde avec le Brésil, l'Allemagne et la Pologne, les problèmes métaphysiques des copains de Copernic restent généralement secondaires. On se demande bien alors en France comment on va réussir à passer ce tour, parce que le principe de base, quand on joue à trois, c'est de se rapprocher d'un des deux autres histoire de se farcir le troisième. Il sera alors temps de régler les problèmes de leadership le moment venu. Comme Besancenot et Le Pen ne pourront de toute façon jamais se mettre d'accord, le père Bayrou pensait pouvoir se reposer sur ses fameuses oreilles.

La Pologne est un plat qui se mange froid

On imagine alors clairement la tête du béarnais local au matin du 23 août 1939 quand il appris que Ribbentrop et Molotov, les ministres des affaires étrangères des deux affreux, avaient signé un deal comme quoi "se taper dessus tout de suite maintenant n'était pas trop dans l'air du temps et que tout le monde avait alors d'autres chats à fouetter". Les polonais allaient alors pouvoir expérimenter le concept de la double pénétration, puisque les troupes soviétiques à l'est et les divisions allemandes viendraient doucement mais sûrement s'introduire en Pologne. Comble du bonheur pour tout le monde, les allemands pourraient alors par la suite se concentrer sur l'ouest de l'Europe tandis que les soviétiques n'hésiteraient pas à leur donner quelques denrées rapport au fait que la bouffe polonaise n'améliorerait que modestement la succulente gastronomie germanique en culotte de peau courte.

Mais quand on est un gentleman de type Bertrand Cantat, on n'entre pas chez les gens sans frapper. Il fallait donc un prétexte aux allemands pour venir cogner du polonais. Le corridor de Dantzig créé en 1919 allait parfaitement faire l'affaire. Pour mémoire, les alliés avaient trouvé malin au moment du Traité de Versailles d'envoyer des cars de supporters du PSG habiter à Aubagne histoire de leur apprendre à préparer la bouillabaisse. L'incongruité de la situation fut rapidement exposée et les allemands envahirent la Pologne le 1er septembre 1939. Enfin conscients de l'urgence de la situation, français et britanniques mobilisèrent. La seconde guerre mondiale pouvait commencer...

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